Théâtre’Hall

Une Heure Avant
La Mort De Mon Frère

2019

 «Je descendais la rue au soleil et tu venais vers moi. Ça arrivait souvent. C’est de ça que je me suis souvenu quand ils m’ont demandé qui je voulais voir.»

Une heure.

Avant cela, la vie : ses douceurs, ses éclats, mais aussi, ses secrets, ses souffrances…

Une heure… et puis…

Martin est condamné à la pendaison. Sally se rend au parloir de la prison, pour une ultime visite. Un frère, une sœur. Un étrange lien, empli de noirceur, de rancœur et de tendresse, lie ces deux êtres, dont les cœurs revêtent les balafres d’une enfance fracassée. Ils se souviendront, ensemble, de ce déchirement qui les unit. Lorsque l’amour se teinte de haine, lorsque la douceur familiale s’étiole, que reste-t-il ?

C’est bien dans les derniers instants qu’on se débat pour renouer avec la vie, et par elle, qu’on tente désespérément de retrouver la paix intérieure.

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L’agence de communication EtienneEtienne a été nominée dans la catégorie « visuel » pour la création de l’affiche de la pièce «Une heure avant la mort de mon frère» par le magazine Comingmag: Le meilleur de la pub 2019.

Crédits photos : Comédiens et tableau – Piero Camacho / Spectacle – Caroline Planche

Note d'intention

Daniel Keene est un auteur que j’ai découvert en 2017 au Festival OFF d’Avignon avec la pièce L’apprenti, puis redécouvert à Genève avec Terminus. J’ai été séduite par sa plume précise, rugueuse, violente, bouleversante, poétique. Après avoir mis en scène la création La Grande Veuve – Alma Mahler de Jean-Claude Humbert, un nouveau projet s’est dessiné progressivement : adopter un cadre intimiste, deux comédiens en scène, dans une pièce de Daniel Keene.

J’ai choisi la pièce Une heure avant la mort de mon frère. Le texte traite une thématique centrale des rapports humains avec une sensibilité crue. Il s’agit de représenter, d’une manière poétique et métaphorique, la complexité sous-jacente d’un cadre simple, celui de la famille. Oscillant entre tristesse et colère, entre amour et haine, entre désir et répulsion, les personnages sont happés par leur histoire. On perçoit les traits de deux êtres à visages multiples, immergés dans la cruauté du monde des adultes, mais poursuivis par leurs désirs d’enfants.

Dans les mots, les personnages retranscrivent leur histoire. Par les gestes, les comédiens illustrent les non-dits. Il y a l’espace réservé à leur intimité, une table et deux chaises, la réalité du temps, ainsi que l’espace du rêve, de la poésie, à l’arrière de la scène. Chaque comédien possède son espace de rêverie, espace qui se découpe dans la lumière. C’est dans cette même lumière qu’ils se redécouvre, assis l’un en face de l’autre, comme deux âmes enchaînées. Puis l’émotion, le besoin de se retrouver, les corps se lèvent, et la scène occupe plusieurs espaces de leur histoire, dont la vieille maison de leur enfance, avec ses souvenirs, cette chambre, ces portes qu’on a claquées. Une importance particulière est accordée aux silences ; ils évoquent toutes les joies, souffrances, haines, passions de ces deux êtres torturés.

C’est l’histoire d’un amour interdit, impossible. Un frère et une sœur qui se retrouvent après plusieurs années de silence dans le parloir d’une prison. La mémoire sera au centre de leur échange, douloureuse, chaude.

Martin se confronte à la mort, le temps lui est compté. Une heure, précisément. C’est dans ces derniers instants qu’ils se souviendront ensemble, du déchirement qui les unit.

Daniela de la Hoz
Metteur en scène

Perspectives artistiques du tableau

« D’abord pensé comme un éventuel projet d’affiche, j’ai imaginé la composition du tableau à partir d’un extrait de la pièce, l’évocation d’un rêve, riche en symbolisme et onirisme, deux thèmes en accord avec mon style pictural.

J’ai commencé par effectuer quelques croquis, changeant à plusieurs reprise l’aspect des oiseaux, passant d’oiseaux fortement inspirés de ceux de Jérôme Bosch dans Jardin des délices aux grands pélicans du résultat final, plus élancés, plus majestueux, et peut-être plus intéressants dans leur aspect presque anthropomorphique.

Il n’y a que le tiers central de l’espace qui est occupé par les éléments importants de la composition. L’esthétique du tableau est construite à la fois de l’imagerie du rêve du frère et de l’histoire à l’origine de celui-ci, racontée par la sœur. Ainsi, l’eau est noire, comme décrite par Martin, et le ciel est orageux, comme décrit par Sally. Dans cette atmosphère sombre et nocturne, il était alors important pour moi de jouer sur la lumière du ciel, donnant un aspect plus crépusculaire que réellement nocturne à la scène, ainsi que sur la blancheur presque irréelle des oiseaux, contrastant avec la noirceur de l’eau.

Le personnage central est allongé dans la barque, sur le côté, en position fœtale. Cette position est ici, pour moi, à la fois un symbole de vulnérabilité profonde, celle de l’homme emprisonné, comme celle du naufragé perdu au milieu de l’océan, mais aussi de transition d’un état à un autre, d’évolution, comme le fœtus dans l’utérus, être humain à en devenir, comme l’homme perdu se changeant lentement en oiseau blanc dans le rêve de Martin, ou comme le condamné à mort, dans son ultime chrysalide de vie. »

Piero Camacho – Artiste Peintre

Témoignages

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Une pièce de Carlo Goldoni

« Est-il possible qu’il ne cède pas ? Quel homme peut résister à une femme lorsqu’il lui laisse le temps d’user de tout son art ? Celui qui fuit ne peut pas craindre d’être vaincu, mais celui qui s’arrête, qui écoute, et qui y prend plaisir, doit, tôt ou tard, tomber malgré lui. »